Vous renoncez à donner un feed-back constructif à l’un de vos employés qui a eu un comportement inadéquat. Après tout… c’est tellement un bon employé et l’événement n’était pas si important…

Vous évitez de discipliner un employé qui a eu un comportement non-sécuritaire qui aurait pu mettre la vie d’un collègue en danger. Après tout…cela pourrait vous mériter un grief et il n’est finalement rien arrivé…

Vous vous opposez à un projet, mais ne l’avez jamais dit en réunion. Après tout… cela ferait de vous le mouton noir et le projet aurait sans doute lieu quand même…

Vous n’osez pas dire à votre patron que vous êtes surchargé et que vous ne pouvez pas assumer le nouveau mandat qu’il vient de vous attribuer. Après tout… vous ne voulez pas le décevoir et ce ne sont pas quelques heures de temps supplémentaires de plus qui vont vous tuer…

Qu’est-ce que le courage?

Symbole du lion, de l’honneur et des exploits héroïques, le courage signifie avoir du cœur. Mais en milieu de travail, que signifie le courage? Chez Émergence, ce courage que l’on dit managérial signifie d’abord d’accepter de se rendre vulnérable, faire preuve de jugement, puis de décider et d’agir en prenant des risques et en affrontant la peur qui les accompagne dans l’intérêt organisationnel. Il s’agit de prendre les directions et orientations nécessaires, mêmes impopulaires ou pouvant causer de l’insatisfaction ou la désapprobation.

Pourquoi oser le courage?

S’il est une qualité qui distingue les grands leaders, les gestionnaires d’équipes respectés ou encore les collaborateurs à haut potentiel, c’est sans contredit le courage. Le courage est reconnu, aujourd’hui plus que jamais, comme une compétence de gestion indispensable et même un fondement au leadership. Le courage doit aujourd’hui s’exprimer dans le quotidien de l’entreprise, à chaque niveau de la hiérarchie.

Le manque de courage de certains gestionnaires peut être extrêmement coûteux en termes de performance, de rentabilité, mais aussi de climat de travail. Il se caractérise alors par l’abandon, l’évitement, l’inconfort des situations et la prolifération des jeux politiques. Ces « lâchetés » quotidiennes entraînent alors des conséquences néfastes non seulement pour les leaders, mais pour l’ensemble des individus, des équipes et de l’organisation : absence d’innovation, perte de crédibilité, intimidation et harcèlement, manque d’équité, procrastination, etc.

Or, le courage n’est pas exclusif aux leaders clés. Tous peuvent faire preuve de courage. Encore faut-il que les conditions organisationnelles soient propices à l’expression du courage! En effet, le courage relève non seulement de capacités individuelles, mais aussi d’éléments de l’environnement qui peuvent constituer des leviers ou encore des freins.

Concrètement…

À titre de leader, votre rôle est double : faire preuve de courage et institutionnaliser le courage managérial.

Ainsi, vous devez notamment :

Regarder la vérité en face : la lucidité est le premier acte de courage, soulever et adresser les problèmes sans tarder plutôt que de plaider l’ignorance.

Dire les vraies choses : à la bonne personne, au bon moment et de la bonne façon, même lorsque cela est désagréable.

Décider : ne pas hésiter à prendre des décisions dans l’urgence, difficiles ou impopulaires.

Prendre position : défendre ses convictions, parler envers et contre tous si nécessaire.

Agir : prendre ses responsabilités, s’attaquer aux comportements et situations problématiques, prendre le risque de se tromper.

Vous avez également la responsabilité de construire une culture de courage au sein de votre organisation en créant des occasions de courage managérial, en gérant adéquatement les situations de peur et en renforçant les comportements de courage managérial chez vos collaborateurs. Une culture du courage favorise l’ouverture, la voix des employés, encourage la créativité, développe l’esprit d’entreprise, l’autonomie, l’innovation, favorise la prise de risque et la proactivité. Bref, les leaders doivent êtres réceptifs aux critiques, engager des dialogues et donner appui aux actes de courage.

La bonne nouvelle, c’est que le courage n’est pas nécessairement un mirage. Il est accessible. On ne nait pas nécessairement courageux, mais on apprend et on le devient avec le temps et les bonnes ressources!!!